Après une nuit un peu courte, rien de tel pour bien démarrer l’année que des croissants bien frais, un bon chocolat chaud et de la baguette croustillante. On peut toujours rêver. Même sans, l’année débute, les bonnes odeurs et un peu de bonne humeur en moins à la vue de ce qui m’attendait …



Bien que pas franchement motivé pour débuter l’année en m’attaquant à ce Tai, la tradition veut que ce soit l’homme de la maison, moi en l’occurrence, qui s’y colle. De quoi ébranler la bonne humeur restante.
Ce petit déjeuner était également composé de quelques mochi. J’avais déjà parlé à plusieurs reprises des mochi sans vraiment entrer dans les détails. Il s’agit en fait d’un gâteau de riz gluant, dont la consistance vous oblige à vous réveiller rapidement si vous ne voulez pas écourter l’année en vous étouffant.
Et n’allez pas croire que j’exagère, car chaque année, les mochi, ces abominations en vente libre dans n’importe quel supermarché japonais, sont responsables de nombreux décès. Cette année, ce rituel barbare a entrainé la mort de 5 petits vieux et l’hospitalisation d’une dizaine d’autres, uniquement sur Tokyo.
Donc après avoir survécu à un bon petit déjeuner Japonais, nous sommes partis faire le tour des deux sanctuaires les plus proches de chez nous, encore une fois pour rendre hommage aux kami, leur demander un coup de pouces et un peu plus de chance pour cette année, ça ne ferait vraiment pas de mal …





Et comme le froid et les (nombreuses) prières ouvrent l’appétit, un rapide déjeuner encore une fois à base de soba et mochi.


Autre tradition du nouvel an que j’ai trouvé intéressante au Japon, les cartes de voeux. Encore une fois, rien de comparable à ce qui peut se faire en France où quelques mails, sms et coups de téléphone pour les plus courageux suffisent largement. Faisant fi de toutes considérations écologiques, les japonais sont encore TRES nombreux à envoyer de TRES nombreuses cartes de voeux à leurs proches. Et quand je dis proches, il faut comprendre TOUS leurs contacts. Famille, amis, collègues, clients, vagues connaissances; pas question de vexer qui que ce soit.
Je trouve que ça témoigne assez bien de l’efficacité de la poste japonaise. Celle-ci met en place d’importantes mesures afin que ces cartes soient livrés dans les temps. Japan Post édite donc chaque année des cartes spéciales et met en place dans chaque bureau de poste des container destinés à assurer un tri rapide de ces cartes.
Le midi du nouvel an, nous avons ainsi reçu une cinquantaine de ces cartes, et d’autres sont arrivées durant toute la semaine qui a suivi.
Ces cartes sont généralement variées et ça nous a occupé un bon moment d’éplucher le tout. La plupart de ces cartes sont faites maisons, et souvent l’occasion d’avertir tout le monde d’une naissance, d’un mariage où d’autres évènements importants. Il existe d’ailleurs des logiciels spéciaux pour confectionner ces cartes sur ordinateurs, y ajouter quelques photos, etc.

La journée s’est poursuivie, et terminée d’ailleurs, dans le sanctuaire que nous avions visité la nuit du 31 décembre. Et nous qui pensions qu’il y avait eu du monde la veille, ce n’était rien en comparaison de la foule du 1er janvier.





Toute la zone, qui regroupe 2 sanctuaires (shintoïsme) et 3 temple (bouddhisme) était envahie. Il faut dire que l’ensemble est vraiment agréable. Les bâtiments se situent à différents niveaux d’une colline qui domine Yokohama, offrant en prime une vue sur la Landmark Tower.



Pour ceux qui seraient dans les parages, ça se situe à proximité de Nogeyama, pas très loin de la gare de Sakuragicho :
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Place à un peu de religion, puisque c’est tout de même le but de ces visites, que l’on soit croyant ou pas. A ce propos, un peu comme pour le reste d’ailleurs, les japonais sont assez perméables aux différentes idées et croyances. A l’inverse de pays où certains croient sans beaucoup pratiquer, ici on pratique beaucoup sans forcément y croire plus que ça.
Bien que la pratique la plus courante soit de simplement jeter quelques pièces avant une rapide prière, certains dévots prennent part à des cérémonies plus intimes, en présence de prêtres et miko.

Tout au long de l’année, il est également courant lorsque l’on se rend dans un sanctuaire de tirer au sort un omikuji, bout de papier sur lequel sont écrit quelques paroles divines, faisant office de charme. Ceux qui ne sont pas jugés assez bons pour être conservés sont alors accrochés dans les temples à des arbres ou portants spéciaux, afin que les mauvaises augures ne se réalisent pas.
La majorité des personnes présentes faisant de même, il était indiqué sur chaque arbre de ne rien y accrocher et de faire une fois de plus la queue pour faire comme tout le monde, son petit nœud sur les ficelles installées à cet effet.



Les petites échoppes vendant des objets religieux, destinés en remplacer ceux qui ont été brulés, rencontrent également un succès impressionnant.

La journée s’est terminée par une visite des endroits un peu plus calmes …



… Et par un quelques verres d’amazake, un bon petit sake sucré se buvant chaud. Rien de tel pour se réchauffer et se remettre de toutes ces émotions.
