お花見
Comme l’indique le お (o) de お花見 (ohanami), le temps passé à contempler (見 - mi) les fleurs (花 - hana) représente ici plus qu’un jambon beurre avalé sur un coin de pelouse.
Pour les japonais, la saison des sakura est rythmée par les hanami en compagnie de collègues, d’amis ou de parfaits étrangers, la place venant parfois à manquer. Outre un groupe sympathique avec qui partager quelques heures, un hanami se prépare sérieusement et sa réussite dépendra de quelques ingrédients indispensables : alcool, musique, nourriture en quantité, jeux pour se débarrasser des enfants, sans oublier une horrible bâche bleue sur laquelle tout poser.
Le week-end précédent ayant été le dernier pour profiter des sakura, chaque arbre faisait l’objet d’une attention particulière.
Le plus bel endroit testé cette saison sur Yokohama pour se prélasser sous les cerisiers est sans aucun doute le parc de Negishi, déjà visité. Une fois les arbres en fleurs, on redécouvre certains endroits, que l’on ne soupçonnait pas d’abriter autant de cerisiers. Car c’est une véritable petite forêt de cerisiers qui s’étale au centre de ce parc.
Sur les hauteurs de Nogeyama, la combinaison pelouse, cerisiers, landmark tower a également été gagnante, et il ne restait plus beaucoup de place disponible. Tentant ?
Pèlerinage de printemps
En visiteur parfaitement conditionné par des semaines d’agitation médiatique et populaire avant l’arrivée des sakura, je me suis beaucoup demandé quels seraient les lieux incontournables pour profiter au maximum de la floraison des cerisiers.
Ce n’était pas tellement la peine de s’inquiéter pour ça, les cerisiers sont partout. Lorsque l’on se balade à cette période de l’année, leur importance saute aux yeux. Ces petites touches roses et blanches font constamment leur apparition au détour d’une ruelle, au fond d’un jardin, le long des rivières, à l’entrée des temples ou encore aux places de choix dans les parcs.
Les trottoirs bordant la rivière voisine ont été envahis par de petits stands où l’on retrouve tout ce qui accompagne habituellement les matsuri et même quelques plats plus élaborés pour ceux qui décideraient d’attendre la nuit.
Quelques jours avant la floraison, et sur toute la longueur de la rivière, de nombreuses lampes ont été installées pour permettre aux foules de profiter un peu plus de cette attraction.
Au risque de prêcher pour une paroisse qui n’est même pas la mienne, je recommande vivement à ceux qui auraient l’occasion de visiter Yokohama de faire un tour sur les collines derrière la gare de Sakuragicho.
Je trouve que c’est un mélange de religions intéressant, comme on en croise souvent au Japon. Lorsque l’on arrive par le bas du site, on entre tout d’abord dans un sanctuaire shinto plutôt modeste, mais néanmoins riche.
Arrive ensuite un temple bouddhiste affilié à Narita-san, un temple important qui se situe proche de l’aéroport du même nom.
Arrive enfin Iseyama, le sanctuaire shinto qui domine Yokohama depuis 1870. C’est le sanctuaire que nous avions visité à l’occasion du nouvel an, et bien que cette fois-ci fut plus tranquille, le temple est également très fréquenté en cette période. Et à juste titre.
Cette période forte en symboles est également propice aux mariages. Il faut reconnaitre que la sortie du sanctuaire sous les pétales de sakura portés par le vent offre une vision assez romantique.
Delicatessens
Ces longues balades à s’ébahir devant les sakura ouvrent un peu l’appétit. Malheureusement, l’arrivée de la pluie ayant légèrement perturbé nos envies de hanami, nous nous sommes rabattus sur quelques extravagances douceurs locales.
Découverte numéro 1 : les doritos au wasabi. Remarque pertinente, mieux vaut aimer le wasabi. Comme c’est mon cas, j’ai trouvé ça agréable, suffisamment fort pour être marquant, sans l’être trop au point d’être écœurant.
Découverte numéro 2 : les KitKat au macha. Remarque certainement plus pertinente, aimer le macha ne suffit pas. Comme pour le chocolat au thé vert déjà essayé, il s’agit en fait d’un chocolat blanc coloré avec un goût assez fort en thé vert, mais qui ne suffit pas à cacher la piètre qualité du chocolat. Oust.
A l’assaut du palais impérial
La saison des sakura ayant rapidement débuté, des hordes de photographes se sont rué hier sur les abords du palais impérial, où de nombreux cerisiers offrent leur beauté éphémère aux voraces badauds. Hum, et moi avec bien évidemment.
Dans cette partie de la ville, le meilleur endroit pour profiter des cerisiers est probablement le parc entourant le Nippon Budokan, où se tiendra la démonstration d’aikido déjà évoquée.
Respect à ces petits vieux qui trimballent pendant des heures leurs appareils reflexes, objectifs, trépied et tout le bazar qui va avec. A ces petites vieilles également, qui n’ont pas froid aux yeux et vous rentrent dedans allègrement pour prendre une photo, sans trop se préoccuper des deux têtes de plus que vous faites. La barrière de l’anonymat permet ce genre d’excentricité, et les grands-mères japonaises se lâchent et font parfois preuve d’un sans gêne aussi amusant que surprenant.
Dame nature ayant plutôt bon goût, malgré quelques écarts, les différentes espèces de cerisiers offrent des couleurs variées. De quoi relancer sans cesse les “sugoi“, “kirei” et autres commentaires fort intéressants qui bercent les longues promenades sous les fleurs.
Le chemin qui longe le Palais est beaucoup plus calme, et oui il faut marcher un peu plus pour y arriver. Et bien que les arbres sont moins nombreux et moins spectaculaires, l’eau des douves et les bâtiments traditionnels offrent malgré tout un bien joli tableau.
Prochainement sur vos écrans
La floraison des cerisiers au Japon n’est pas une mince affaire. Et pour que tout ce petit monde sache quand doivent débuter les hostilités et ainsi se préparer, les yeux sont rivés sur l’agence météorologique japonaise qui fournit chaque année des prévisions impressionnantes.

Source : Japan Meteorological Agency
A la semaine prochaine donc pour une overdose de sakura, hanami, etc.
Aikidō - 合気道
J’ai débuté l’aikidō la semaine dernière. Depuis longtemps attiré, j’avais jusqu’à présent toujours trouvé de bonnes excuses pour ne pas commencer. Etant au Japon; ayant trouvé un dojo proche de chez moi, pas très cher, avec une sensei parlant anglais; je me suis lancé.
Après quelques séances, je suis très content d’avoir franchi le pas, car cet art martial correspond effectivement à ce que je voulais. Du sérieux dans l’apprentissage, de la discipline, tout en restant accessible et convivial, et le plus important peut être pour moi, tout en évitant les apprentis ninja aux hormones débordantes.
Si ce n’est pas trop difficile physiquement, le plus ardu reste de mémoriser les nombreux enchainements et de les exécuter avec douceur, précision, détermination et rapidité. Difficile lorsque l’on se prend un peu la tête a essayer de bien positionner ses pieds, ses mains, les doigts qui vont avec, et un peu tout le reste.
En étudiant motivé, lorsque sensei me propose de participer à une rapide démonstration dans quelques semaines, je me jette sur l’occasion et accepte.
Ce que je n’avais pas réalisé sur le coup, c’est que cette “petite démonstration” (quelques mouvements en 1 minute) se fera dans le cadre de la 46th All Japan Aikido Demonstration, qui va regrouper de nombreuses écoles et styles d’Aikido. Un petit évènement qui devrait attirer pas loin de 20.000 personnes et qui se déroulera le 24 Mai au Nippon Budokan de Tokyo, une salle impressionnante où se tiennent, entre autres, les grands évènements d’arts martiaux.
Même pas peur.
Enfin c’est quand même bien grand >_<;


